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Liste RP à Répondre

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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Dim 18 Déc - 15:12
Voulez-vous m’épouser?
« Le pire quiproquo qui soit »

À une époque qui me semblait si lointaine, je n’aurais jamais pensé faire ma vie hors de la cite des Libérés. Mégido avait été mon foyer, comme si la ville entière avait été ma chaumière. Mais nous ne connaissions pas notre destinée à l’avance et si nous étions parvenus à la saisir et à la comprendre, peut-être que les choses auraient été différente. Peut-être que j’habiterais toujours derrière les portes de ma cité ; peut-être que je serais toujours aux côtés de mon père, bien portant et actif comme jamais. Cependant, ce qui était malsain avec les « peut-être », c’est qu’ils n’étaient que des possibilités parmi tant d’autres, dans un ensemble de probabilité tout aussi nombreuse que variée. Rien ne pouvait nous indiquer quelle route allait prendre notre destinée et tous ces chemins que nous avions emprunté jusqu’à aujourd’hui avaient forgé ce que nous étions à ce jour. Peut-être aurions-nous été différents si le sentier pris par nos pas avait été différent. Ou peut-être pas. Peut-être aurait-il été plus cruel, plus bienfaiteur ou alors rien n’aurait changé. C’est pourquoi je me désolais tant de ce qui était survenu à Pabamiel, mais en même temps, nous ne pouvions rien y faire. Changer ce qui avait été écrit ne pouvait être altéré. Cependant, nous pouvions encore influencer les prochains mots que nous coucherons sur nos papiers. Pourquoi pensais-je à cela, vous vous demanderiez. Eh bien, c’est parce que je songeais à Lilith, cette aventurière de l’Océan qui avait dû voir de ses yeux nombreux pays et mers agitées, mais qui ne connaissait même pas la cité de ses ancêtres, la cité de son sang à elle. C’était déplorable, et à la lecture de ses lettres, je m’étais mis à penser que Mégido devait lui paraître comme l’Eden qu’elle avait toujours rêvé, mais dont elle ne connaissait aucun des secrets pour s’y rattacher. C’est pourquoi j’avais accepté de devenir son guide. Après tout, j’avais moi-même aperçu ce qu’un éloignement continu pouvait créer dans le cœur de ceux qui n’avaient pu rejoindre très tôt les portes de leur cité : une désaffection, un manque progressif d’attachement à l’endroit de la ville qui était supposée être la leur. Asche m’avait souvent décrit ce sentiment lorsqu’il traversait lui-même les rues de Mégido : une indifférence coupable le submergeait, une indifférence qu’il tentait de repousser au lointain, mais dont il ne pouvait clairement pas se détacher, car il n’avait tissé, avec Mégido, aucun lien qui pourrait surpasser ce désintérêt flagrant qui l’envahissait lorsqu’il se promenait au sein de la cité des Libérés, comme un bâtard qui aurait soudainement été convié à la maison de son père naturel, forcé de s’en réjouir, de sourire et de se sentir comme un tout avec cette nouvelle famille.

Je ne voulais pas que cela survienne avec Lilith. Je voulais qu’elle voie de ses yeux la ville qui avait vu naître non pas seulement ses ancêtres, mais notre Histoire commune. Enfin, lorsqu’elle m’eut réjoui, il me semblait que toute la vivacité que je lui connaissais et la motivation sans faille qui la portait ne s’étaient en rien réduites. J’étais tout de même ravi de constater que l’énergie que j’avais pu sentir dans ses lettres n’avait pas le moins du monde flanchée. Je souriais à son enthousiasme et ne put m’empêcher de rire au commentaire qu’elle m’adressa. Lui rendant son accolade, je lui répondis :

« J’ai rangé mes yeux dans mes poches pour cette fois! »

Même si la mer n’était pas la porte d’à côté, j’étais en mesure de sentir la salinité de l’eau coller à la peau de la capitaine. Elle sentait l’Océan, le sel, la brise marine. Mais lorsqu’elle fit référence à notre dernière rencontre, mon visage s’altéra pour esquisser une grimace.

« Si je n’avais pas été moi-même sur place, je ne crois pas que j’aurais pu croire qu’un massacre de cette envergure avait pu se produire. »

Reculant d’un pas, gardant un contact visuel avec Lilith, je préférais rapidement changer de sujet. Nous ne pouvions changer ce qui s’était passé à Pabamiel et, à tout jamais, j’étais persuadé de garder avec moi les souvenirs horribles de cette nuit… D’ailleurs, je me demandais ce qui était arrivé à Rubiel… Elle avait disparu de sur le podium et en un claquement de doigt, elle avait disparu avec le reste des candidats… J’espérais qu’elle soit saine et sauve. Secouant légèrement la tête pour me défaire de ses pensées, j’adressais un sourire plus confiant à l’endroit de la rouquine.

« Sinon, ton voyage? Tout s’est bien passé après mon départ? J’espère que tu n’as pas été attaqué par des pirates ; ça ne m’étonnerait même pas qu’ils profitent de la situation actuelle pour rende, plus dangereuses encore, les traversées en mer. »

Je me frottais la nuque en soupirant, me disant que cette guerre des Divins avait de quoi en réjouir plusieurs, et désespérer les autres. Bon sang… Pensais-je avant d’amener mes mains jusqu’à la hauteur de mon visage avant de me claquer les joues, histoire de prendre un peu plus contenance.

« Ahlala, désolé d’être si sombre en ce moment. Je vais remédier à cela très rapidement! Suis-moi. »

Nous frayant un chemin dans l’allée centrale, je nous dirigeais jusqu’au centre-ville de la cité, là où je prévoyais commencer notre balade – euphémisme plus poignant, tu meurs. Devant nous, les commerces se dispersaient, les allées s’agrandissaient et les vêtements, petit à petit, devenaient plus riches et plus raffinés. Alors que je lui décrivais brièvement la disposition de la ville, une bâtisse immense et imposante apparut et, tout sourire, j’écartais les bras, me décalant un peu sur le côté pour présenter le cœur de notre cité.

« Bienvenue à Mégido, Lilith. Voici le Grand Palais, Eorishaze! »
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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Dim 18 Déc - 15:14
Le Navire du Prince Henry
Vylker | Lilith. A


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La remarque du noble fit rire Vylker en même temps qu’elle le rendit acide intérieurement. En voila un bel animal dans ses tenues riches. Et en plus, voilà qu’il venait faire la morale et se permettait ouvertement de les menacer et d’évoquer d’éventuelles représailles.

« Noble et déjà pourtant sottard, malhardi et baronnet dans l’âme. L’éducation est quelque chose qui se perd, de nos jours, aussi je vais ignorer votre agressivité visible. Je dois absolument vous parler d’un ami à moi. C’est un sire en guenilles mais il est digne d’intérêt. Laisse moi vous présenter Monsieur Tarkan. » lança Vylker d’un ton qui se voulait chevaleresque et gentilhomme.

Il disposa la main de manière à désigner le quartier-maître dont il venait de désigner le nom. Ce dernier fendit la foule de l’équipage. Rampant sur sa queue de serpent, naga malgré lui, Tarkan fit face, un air visiblement agacé sur la figure. Il tenait dans ses mains ce qui ressemblait à une hache d’abordage large, le genre de lames utilisées pour briser les planches. Outre les deux excroissances de sa tête qui retombaient de ses tempes telles des mèches de cheveux sauvages, son visage était tranché par ses yeux bleus cyans qui scrutaient assez durement le noble en question. C’était bel et bien le plus costaud de tous ici, le plus large, et sans doute aussi le plus lourd.

« Monsieur Tarkan a eut plus de chances que les autres sur sa sélection naturelle. Vous pouvez regarder sans honte, monsieur, et je vous dirais bien qu’il faut même être admiratif des formes que la nature peut nous octroyer, tels nous, simples spectateurs, devant un duel de lutteurs. Monsieur Tarkan pèse six fois plus que mois, s’avère plus grand que nous tous, et plus large aussi. N’est-ce pas une petite merveille de la nature ? N’avez vous pas envie de voir comment une telle masse peut se mouvoir ou agir ? Figurez vous que monsieur Tarkan est aussi joueur. »

Vylker mit une main sur l’épaule du noble et projeta l’autre devant eux comme si il tentait de représenter un panorama.

« Imaginez un peu : Quel genre de jeu aime monsieur Tarkan ? Je vais vous le dire, mon bon ami. Donnez lui quelque chose de lourd, de contondant ou laissez lui ses simples poings. Donnez lui ensuite quelqu’un. N’importe quoi. Il va alors frapper son crâne fort. Très fort. Tellement fort que ce dernier finira par céder et éclater comme une noix. Cela fait du bruit et divertit. Monsieur Tarkan aime cela. Je suis aussi persuadé qu’il aimerait bien se détendre avec quelqu’un sur ce navire. Pourquoi pas vous ? Ou peut-être moi ? Vous avez raison. Je suis le capitaine, je devrais faire les démonstrations. »

Il sourit grandement et approcha de son quartier-maître qui lui renvoya son regard, la hache dans les mains. Vylker se mit un instant sur la pointe des pieds pour regarder par dessus son épaule et il croisa le seul œil valide de Zun qui, comprenant la situation, hocha la tête.

« Bien. Avant de parlementer, je vais donc m’autoriser une petite démonstration. Monsieur Tarkan ici présent va me frapper de la manière la plus forte qu’il puisse. Je prends sur l’honneur de chacun ici : Je vous demanderais de ne pas intervenir durant la représentation. Merci. Monsieur Tarkan ? Amorcez, je vous prie. »

Vylker croisa les mains dans le dos, au milieu du pont avec son quartier-maître qui émit un grognement en prenant comme il faut sa hache dans ses mains. Il prit un peu d’élan en se préparant à balancer son arme, sous le regard intéressé de la compagnie du navire. Le capitaine monstre agita un peu le doigt, comme pour intimer de presser la manœuvre. Dès lors, le quartier-maître activa son mouvement, décrivit une frappe en arc de sa hache à une bonne allure et percuta dans son angle le cou de Vylker.

« Schlink ! »

La coupure avait été brutale alors que la tête de Vylker venait d’être séparée du reste de son corps de manière précise, la hache déchirant la peau et la chair sur le coup dans un brouillard sanglant. La tête atterrit sur le pont et glissa un peu alors que le corps posa genou au sol, le sang s’écoulant de manière abondante de la plaie ainsi crée.
L’assemblée ne pût retenir son souffle. Les béluas monstres, eux, semblaient pourtant très calmes et même peu choqués.
Le corps de Vylker tressaillit un peu, comme parcourus de spasmes alors qu’il se redressa, se déplaça de manière saccadée vers le lieu ou son crâne s’était déplacé, s’abaissa et le ramassa. Les yeux de la tête s’ étaient allumées d’une belle lueur bleutée et il affichait un sourire carnassier.
Comme si il remettait un casque, Vylker approcha sa tête de la plaie et la chair même tantôt déchirée sembla s’étirer et s’extirper des deux coupures comme des tentacules infâmes se rejoignant, seulement pour lier de nouveau les deux parties du corps ensemble et solidement ancrer la tête de Vylker dont le cou semblait se réparer alors que la peau repoussait, comme dans un processus de guérison miracle.

Une fois qu’il eut de nouveau la tête bien en place, Vylker se passa une main sur la nuque et souffla en regardant Tarkan.

« Joli coup, mais la prochaine fois, j’aimerais éviter de me faire décapiter. Ce n’est pas une expérience très agréable. » commenta t-il avant d’en revenir au noble de tout à l’heure.Visiblement, Vylker avait l’air ravi d’avoir pétrifié l’équipage restant du navire.
« Et ceci, cher noble, ce bruit lorsque la hache a frappée, est le son du progrès. Est-ce que des mercenaires peuvent vraiment s’y opposer ? Permettez moi d’en douter. Mais vous avez raison sur un point : Nous allons bel et bien parlementer. Allez donc à votre cabine, je vous en prie. »

Il lui tapota l’épaule et tendit le doigt vers la porte menant au lieu, comme si il punissant un enfant et lui intimait d’aller au coin. Laissant le noble s’y diriger en titubant, Vylker en revint à son quartier maître.

« Tarkan, prépare nous du thé comme toi seul sait le faire, s’il te plaît. Ne lésine pas sur le sucre. Je suis persuadé que nos petits compagnons de bords aimeraient quelque chose de doux. »

Il regarda ensuite la jeune femme qui devait faire office de capitaine du navire pirate adverse, approcha, fit une petite courbette et termina par un baise-main.

« Capitaine Vylker, demoiselle. Je n’ai pas la prétention d’être le meilleur combattant ou le plus grand homme d’état, mais je sais me comporter en gentilhomme et en homme de bien. J’espère que ma précédente démonstration ne vous à pas trop dégoûtée de ma personne, mais vous connaissez les rudiments du métier : Pour se faire entendre, il faut parfois se faire passer pour le diable. Puisque nous sommes tout deux dans cette affaire, je tenais à me présenter, et pas seulement à vous, mais aussi à votre équipage, afin que nous puissions chacun, de la plus modeste tique de flotte au plus glorieux vétéran de la marine, établir une relation cordiale tant que le destin de ce navire n’est pas scellé. »

Il pivota ensuite et frappa dans ses mains.

« Chiens de cale ? Et si vous nous chantiez quelque chose afin de détendre un peu cette ambiance ? Je m’en voudrais que nous ne soyons guère aimables avec des camarades de flibusterie. »

Vylker en revint ensuite à la femme et lui sourit.

« Procédons ensemble à la rentrée dans cette cabine. Ce jeune freluquet qui se fait passer pour un noble rempli de privilèges irrite mes nerfs. Terminons cette affaire avant que je ne perde patience et que mes bonnes manières s’évaporent. Votre navire est flamboyant, ma foi. J’aimerais éviter que nous en venions à devoir abîmer un bâtiment si resplendissant. Gardons nos canons pour ceux qui le méritent vraiment et nos lames pour les véritables dangers. »

Supercherie ou non, le spectacle s’était bien déroulé. Il restait désormais à sceller l’accord.
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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Dim 18 Déc - 15:18
La curiosité est un vilain défaut [Nissa


A l’approche du bâtiment nautique au fond de l’eau, Nissa distingua nettement les vibrations à la surface entraînées par la progression d’une petite barque de la plage de sable fin au bateau. Si il ne devait pas avoir l’impression de faire de bruit en ramant, chaque pénétration du bois traversant la surf ace de l’eau, créait une oscillation qui résonnait aux oreilles des êtres aquatiques. L’objectif de la destination de la barque était très net. Elle devait se dépêcher. Alors que la barque repartait, l’entrée d’une Gaelyan dans l’océan créa un vacarme qu’elle ne pouvait ignorer. Une jeune femme à la chevelure rousse était entrée dans l’eau tout prêt du bateau. Encore trop loin pour bien la discerner, cette couleur de cheveux flamboyante lui rappela quelqu’un qu’elle ne souhaitait pas du tout croiser sous cette forme et celle-ci l’avait bien repérée, elle aussi. La sirène n’avait plus d’autres choix que d’aller à sa rencontre et de l’éliminer. Elle ne voulait pas que la jeune femme ait le temps de lancer l’alerte à ses collègues restés sur la plage, que ce soit pour les attirer afin qu’ils l’aident à l’attraper, car les sirènes coûtaient chères sur le marché, ou pour l’aider à l’éliminer. D’une impulsion puissante de sa nageoire, elle se propulsa à la rencontre du Gaelyan qu’elle sentait être une femme. En arrivant à sa hauteur, elle reconnut Lilith : la pirate avec qui elle avait traversé le cap des sirènes sur son bateau de pirate. Cette corsaire n’était jamais sans son équipage. Un éclair meurtrier passa dans le regard de Nissa, mais elle se rappelait des sentiments qui habitaient l’orisha lorsqu’elle lui avait simplement indiqué qu’elle était une nymphe. Sa couverture était, désormais, totalement dévoilée aux yeux de la jeune femme : il était évident que la nymphe était quelque chose de beaucoup plus menaçant. Elle sentit une certaine confusion dans l’esprit de la jeune femme, mais elle ne sentit rien de négatif. La dernière fois qu’elle l’avait rencontrée, elle avait davantage eu droit à de la fascination. Elle se stoppa en face d’elle, totalement droite et l’emprisonna grâce à un lien fait d’eau. Il était invisible vu qu’elles baignaient littéralement dedans, mais il maintenait l’orisha afin qu’elle ne puisse pas remuer. « Lilith, si je m’attendais à te rencontrer ici… Es-tu seule ? » Pour une fois, cela l’embêtait vraiment de devoir éliminer une bipède car cette dernière avait su gagner son respect en se démarquant de ses semblables : elle ne détestait pas les êtres de l’océan, savait s’imposer dans un monde d’homme et ne se laissait pas démonter par les épreuves qui se présentaient devant elle. Elle aurait pu être une sirène de par son caractère.

Une fois le moment de la surprise passée, elle relâcha l’étreinte aquatique qu’elle exerçait sur la jeune femme à la chevelure rousse. Elle lui faisait assez confiance pour savoir qu’elle n’ameuterait pas tous les pirates qui l’accompagnaient. De plus, elle était assez prêt pour empêcher toute tentative. « Je suis venue voir ce qu’il y avait sur ce bateau, je suppose que nous ne sommes pas intéressées par les mêmes choses. Nous pourrions y aller ensemble ? Elle aurait pu tomber sur bien pire Gaelyan que Lilith, de plus, elle préférait garder ses ennemis à l’œil. Comment arrives-tu à respirer ? » Nissa avait la capacité de donner ou de priver d’air ceux qui n’étaient pas faits pour vivre sous l’eau, et comme elle n’était pour rien dans le fait que l’orisha puisse respirer sous l’eau, cela l’interloqua. En attendant sa réponse, elle tournait autour d’elle en nageant, exposant ainsi à son regard sa queue de sirène, qui lui donnait un air menaçant : elle était le requin de ces mers, de ces océans. Elle donna une impulsion grâce à sa nageoire et se propulsa en avant, vers l’épave, en faisant signe, d’un coup de tête, à Lilith, de la suivre. Après quelques secondes, elle se tourna vers l’orsiha qui n’arrivait pas à la suivre et retourna vers elle « Tu n’as pas acquis le don de la nage rapide en même temps que la respiration ? Je peux t’aider pour cela. » Un filet invisible, mais non menaçant, enroula les jambes de Lilith et remonta jusqu’à son torse. Cela permit à la sirène d’avoir une prise sur la jeune femme pour permettre de l’emmener plus rapidement avec elle. Néanmoins, elle ralentit le rythme : l’épave avait beau ne pas être loin de la surface, la différence de pression était notable et la rouquine n’avait sûrement pas la capacité d’adaptation d’un poisson à la pression. Elle préféra jouer la sécurité plutôt que de s’amuser à tester les facultés de la Gaelyan. Si son objectif avait été de l’éliminer, peut-être qu’elle l’aurait passé du niveau 0 au fond de l’océan en une seconde afin de voir tous ses vaisseaux exploser à l’intérieur, mais la jeune femme avait la chance de se trouver dans ses bonnes grâces.

Mots: 813

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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Dim 18 Déc - 15:19
La culture Déchue


Le bruit courrait depuis plusieurs jours. Un homme avait inventé un objet des plus étranges. Mais également des plus incroyables ! Un objet qui permettrait d’apprendre l’Histoire d’une toute autre manière. D’une manière moderne. Sans les livres, qui peuvent parfois se révéler bien subjectifs. J’en savais quelque chose. Apprendre l’histoire en la vivant. Faire partie des évènements. Ce devait être si merveilleux. Mais si effrayant à la fois. De quelle manière cet homme a-t-il bien pu créer telle invention ? Probablement ne livrera-t-il jamais son secret. Mais un autre bruit courait depuis peu de temps. Il comptait faire essayer son invention avant de la rendre public, et pour cela il cherchait un volontaire. En entendant cette rumeur j’avais hésité pendant quelques instants. Mais ce genre d’expérience ne se représentera probablement jamais !

L’après-midi venait de commencer, et je ne savais pas vraiment quand me présenter à la Bibliothèque pour l’essai. Alors je partais le plus tôt possible pour ne pas être en retard. Je me dirigeais alors vers la Bibliothèque, là où l’homme menait ses recherches et comptait faire son premier test. C’est une fois devant le bâtiment que je me posais une nouvelle fois cette question : cette expérience était-elle réellement sans danger ? Un sourire éclaira mon visage. Cette expérience était totalement folle ! Mais j’allais la faire, et j’allais vivre l’histoire. J’entrais d’un pas décidé dans la bâtisse et frappais à la porte avant d’entrer dans la pièce où j’allais visiter je ne sais quelle période du passé. Un homme était déjà présent. Probablement l’inventeur fou de cette machine à remonter le temps. Il s’arrêta lors de mon entrée et m’observa quelques instants. « Le test pour la machine, c’est ici ? ».

C’est après un long discours sur la présentation de l’étrange machine que Typhon Tournaël, l’homme du jour, s’arrêta, me laissant dans un long silence circonspect. Cet objet pouvait-il réellement nous faire revivre les grands moments Historiques des terres du Yin et du Yang ? Rien que d’y penser, il y avait là-dedans quelque chose de si incroyable qu’il m’était bien difficile de me représenter le pouvoir qu’avait l’objet en question. Et pourtant. Mais d’une certaine manière, je ne pouvais m’empêcher de me demander s’il n’y avait pas quelques danger à retourner dans le passer. Peut-être pas. L’homme a dû prendre un minimum de précaution. Et puis, simple spectateur des évènements, qu’est-ce que je risquais ? J’aurais toutes les réponses à mes questions dans quelques minutes de toute façon. Et rien que m’imaginer à une époque différente, j’étais aussi excitée de participer à ce test que j’étais effrayée par l’inconnu de l’aventure qui m’attendait. Alors quand il me fit signe de m’installer, je me dirigeais vers l’un des sièges. Avait-il prévu d’accueillir plusieurs personnes pour qu’il y en ait plusieurs ? Nous verrons bien. Peut-être l’expérience n’en serait que mieux à plusieurs que seule après tout.

Alors que le scientifique m’installait ce qui ressemblait plus à un bijou qu’à un objet pour remonter le temps, la porte de la salle s’ouvrit bien plus franchement que je ne le fis. Quel genre de personne pouvait bien agir ainsi ? Surtout dans une bibliothèque. C’est en voyant qui était entrée que mon visage s’éclaira et que cette franche entrée m’étonna beaucoup moins. Et d’un coup mes craintes sur ce futur voyage s’atténuèrent. Être avec quelqu’un que je connaissais était tout de suite plus rassurant. Surtout lorsqu’il s’agissait de Lilith ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais vu la rouquine. La rencontrer ici et dans ces circonstances relevait bien plus de la chance que du hasard. Mais ça me mettait de bonne humeur.

Lorsqu’elle s’installait à mes côtés, je lui souris avant de sortir « Salut ! Il semblerait qu’on ait le droit à une nouvelle grande aventure. ». L’homme nous installait l’étrange machine, et en même temps qu’ils nous installaient le système, lui et son apprenti, il nous qui nous serions, et ce qui allait se passer. D’un coup tout mon corps se raidit. Comment ça ? Je n’allais pas être spectatrice, mais réellement protagoniste ? Et pas des moindres si j’ai bien compris. Le premier Déchu. Rien que ça ! Pour un premier essai il place déjà la barre haute. Un hoquet m’échappa à sa dernière phrase. « Pardon ? » Rester en vie sinon toute la race Déchue s’éteindrai ? Et moi également ? D’un coup, cette simple expérience me semblait s’être transformé en mission suicide. J’aurais aimée demander ce qu’allait devenir Lilith. Mais c’était trop tard. Une sensation désagréable me saisit… Ca y est, l’expérience débutait.

J’ouvrais les yeux. Un nouveau monde, totalement différent de celui dans lequel je me trouvais il y a quelques secondes à peine, s’offrait à moi. En vérité, la seule différence… c’est le lieu. J’étais passé d’Avalon, la cité aux ailes noires, à la Citadelle Blanche, la cité aux ailes blanches. Un élan de nostalgie s’empara de moi. Même si c’était la même que celle que j’avais quittée, on pouvait remarquer quelques différences. Des bâtiments qui n’étaient pas encore construit, et au contraire d’autres qui ne sont plus présent aujourd’hui. Enfin, quand j’y étais moi, pas là tout de suite… Tout ça devient compliqué. Je décidais de faire un tour rapide dans les quartiers. Je voulais voir s’il y avait déjà ma maison, juste par curiosité. Mais évidemment elle n’y était pas. Etonnement j’étais déçue. Mais un élément extérieur me ramena à mon objectif principal. Une boule de feu m’avait manqué de quelques centimètres. Une boule de feu ? Sérieusement ? Les paroles de Typhon Tournaël me revinrent en tête. Sortir de la Citadelle en vie. Pour la survie de la race Déchue. Mais également pour ma propre survie…

J’ignorais d’où venait mon ennemi, alors je courais dans une direction au hasard. Peut-être la mauvaise. Peut-être justement je me dirigeais vers lui. Je décidais de résoudre le problème autrement en déployant mes ailes pour fuir, une nouvelle fois, la Citadelle par ses murailles immaculées. Mais rien. Il ne se passait rien. Il m’était impossible de m’envoler, pour l’unique raison que j’étais incapable de sortir mes ailes. « Non… Pas ça… ». Je l’avais sentie depuis tout à l’heure. Je me sentais bizarre. Différente. Je mettais ça sur le compte du péché. Mais il s’agit en fait de bien plus grave. Voilà le sentiment que l’on a lorsque l’on est privé de nos ailes. Une partie de nous-même comme arrachée, manquante. Je courais me mettre à l’abri dans un coin, le temps de me poser l’esprit. J’étais seule, dans un corps dont j’ignorais l’identité. Je ne savais même pas à quelle époque on se trouvait, ni même ce que je devais faire après être sortie d’ici ! Encore faut-il que j’y arrive. Ils ont l’air motivé pour avoir ma peau… Et Lilith ? Où était-elle ? Que pouvait-elle bien être devenue ? « C’est une catastrophe… ».
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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Dim 18 Déc - 15:20
Le temple Immergé (Raphaël


Malgré son manque d’expérience en termes de relations avec les autres, Raphaël avait un côté empathique bien étrange. Il n’avait d’ailleurs jamais compris comment il avait fait pour être ainsi. Enfin, empathie… C’était un bien grand mot. Il avait tendance à essayer de se mettre à la place des autres et comprendre leur sentiment, mais d’un autre côté, il y restait insensible, comme si ça ne le concernait pas. Bien étrange comme façon de se comporter, mais c’est ainsi qu’il voyait les choses. Avec ça, il arrivait plus ou moins à comprendre pourquoi les Sirènes étaient si raciste. Et ne compris pas tout à fait la réponse de Lilith. Elle semblait croire que les Sirènes ne détestaient que les Humains. Mais entre un Humain ou une autre race, il n’y avait pas grande différence. « Tout dépend à qui tu t’adresses. Il y a toujours des Ondins plus extrémistes que d’autres, comme dans chaque race. » Avait-il répondu. Lui par exemple. Les Elémentals avaient tendance à détester les Sorciers et les Magiciens, mais lui il s’en fichait pas mal. Qu’importe le Sorcier qui avait attaqué son village, et changer son essence. « Mais bon, quand on voit ce que certaines personnes traitent les Ondins, c’est assez facile de comprendre leur haine au final » Les traiter plus comme des marchandises que des êtres vivants n’aidaient pas à entretenir de bonnes relations avec les autres peuples. Il se demandait ce que devait en penser une Orisha, eux qui aimait tant la liberté.

Il n’avait pas réagi lorsqu’elle avait évoqué le continent du matin calme, et pourtant… Rien que de citer ce lieu, les souvenirs lui étaient revenus, le rendant un peu plus pâle. Il avait essayé de dissimuler son malaise par sa bonne humeur, mais à côté… Les détails qu’il avait vus lui revenaient en tête. De tous les êtres présents là-bas, il était sûrement celui qui avait été le plus choqué parce qu’il avait vu. Il avait vu ce qui s’était réellement passé, et pu voir William et Delta se battre l’un contre l’autre. Enfin, voir était un bien grand mot, ces deux êtres étant si rapide qu’il ne pouvait rien voir. Et pourtant, cela avait été si choquant et terrifiant. Lui qui n’était pas effrayé facilement. Et lui qui était censé devenir un Maître du temps, et protéger le temps contre n’importe qui, Aether ou simple mortel, il était bien faible comparé à leur puissance démentielle. Il était peut-être plus doué en magie et plus intelligent que beaucoup, mais il semblait bien faible comparé à ce qu’il avait déjà vu de ce monde.

Raphaël croisa les bras derrière la tête, observant un peu l’endroit, l’air pensif face à la réplique de l’inconnu. « Hum… Sympa ouai, ça manque un peu de… De chaleur je dirais. Enfin, pas comme si les temples étaient très chaleureux, on se demande pourquoi je les aime pas. Bref, on s’en fiche » Commenta Raphaël. Il ne voyait pas pourquoi les gens ressentaient le besoin de construire des temples pour prier les Dieux. Il ne faisait pas partie de ceux qui priaient énormément, surtout avec ses nouveaux pouvoirs. Il laissa retomber ses bras le long de son corps en écoutant les plus ou moins explications de l’homme. Il observait les expressions de l’inconnu, essayant de deviner ce qu’il avait derrière la tête. Même s’il ignorait ses intentions, l’idée de l’aventure lui plaisait autant, quant à la récompense, il avait tendance à ne pas y penser, parce que ça ne l’intéressait pas tant que ça en réalité. Lilith et lui échangèrent un regard, se mettant avec un simple signe de tête. Il rit. « A croire que tu commences à bien me connaître » Puis il leva les yeux, se rappelant des paroles que le prêtre avait dit. Sans magie, ils auraient du mal, car la statue était haute, mais pas impossible. Pourtant, les derniers mots ne cessaient de résonner. Une orbe tenue par leur dieu, et ne pas se fier aux apparences. Il y avait forcément quelque chose derrière tout ça. Il osa les épaules. « Bon, on improvisera » Sur ces mots, il se mit à grimper sur la statut. Ou essaya. Au même moment, les bras et le torse de la statue se mirent à bouger. Une main de pierre chercha à l’attraper, mais il réussit à esquiver en se jetant au sol. Il roula un peu plus loin, et se releva, observant la statue. « D’accord, ça risque d’être plus compliqué que prévu, dit Raphaël, puis il rajouta en regardant Lilith. Au fait, j’étais sur le continent quand il a coulé, pas sûr que ce qui se passe ici est un rapport » Même quasiment certain en fait.

Puis il se concentra à nouveau sur la statue, plus ou moins immobile. Ses jambes semblaient incapables de bouger. Tant mieux. Mais comment grimper sur quelque chose sans magie ? C’était sûrement possible, il fallait seulement être assez malin pour ça. Elle semblait réagir à la proximité. « Lilith, je vais attirer son attention, essaye de grimper jusque là-haut » Lui dit Raphaël, puis il se mit à courir vers la statue, faisant de grands gestes pour attirer son attention. Elle essaya à nouveau de l’attaquer, mais il esquivait à tous les coups. Elle était lente, et ses mouvements prévisibles. Enfin… Au début en tout cas, car elle semblait accélérer de plus en plus. Même s’il attirait l’attention de la statue, ce ne serait pas facile pour Lilith de monter là-haut. A moins que la solution se trouve ailleurs que dans le fait de lui prendre l’orbe. Il devait y réfléchir un peu plus longtemps, mais il n’avait pas tellement le temps de penser pour le moment.


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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Dim 18 Déc - 16:59
De toi à moi



Alors que la jeune femme franchissait la porte de sa chambre pour se diriger vers le rez-de-chaussé de l'auberge, elle se remémorait les paroles de la fille ardente quant à sa récente promotion au sein du Libertad et dans quelles circonstance cela avait-il pu se produire. Hélas, Jaagd ne saurait s'attarder sur pareil détail, ses préoccupations étant toutes autres. Si la bélua avait pu avoir cette impression, elle n'en demeurait pas moins égarée quant au fondement de son ressenti et au pourquoi du comment. Alors y remédier ? C'était impossible. Pourtant, s'il y avait bien une chose que la lancière refusait catégoriquement, c'était laisser les choses en l'état. La tâche qu'elle s'était confiée l'obsédait, alors même que s'immiscer ainsi dans l'existence d'un autre entrait en contradiction avec ses principes. Néanmoins, le fait de d'observer une telle expression sur la faciès de Lilith l'insupportait. S'il était en son pouvoir de la chasser à tout jamais, il ne fait aucun doute qu'elle le ferait, sans la moindre hésitation. A cette seule pensée, sa mâchoire et ses poings se serraient à l'unisson. D'un geste de la tête elle chassa ses pensées néfastes afin de se concentrer plus avant sur les différentes opportunités qu'allaient lui offrir cette journée.


De quelques foulées elle descendit l'escalier qui menait à l'étage inférieur. Passant devant le bar, elle croisa le regard de l'aubergiste qu'elle remercia d'un geste de la tête avant de pousser la porte d'entrée. A peine eut-elle posé un pied au sol, une vaste vague de chaleur vint souffler sur la moindre parcelle de peau qu'elle exposait. Instinctivement, ses mirettes écarlate montaient au ciel comme pour défier ce soleil de plomb du regard. Hélas nul n'était fait pour le contempler ainsi, et de ce fait, elle leva sa main libre pour la porter à son front. La jeune femme laissa échapper un léger soupir avant de se tourner vers sa comparse. « L'on m'a compté la particularité du marché d'Utopia… Que dirais-tu de commencer par là ? » suggéra-t-elle maladroitement. Décidément, la conversation était loin d'être son meilleur atout. Pourtant, la bélua avait le sentiment que cette fois-ci, au moins, elle pourrait bien être sa meilleure alliée.


Alors qu'elle qu'un flot de pensée semblait l'emporter, un chant qui lui était pour le moins familier l'en sortit aussitôt. A nouveau, elle leva les yeux au ciel. Non pas pour observer le soleil, mais pour trouver la source de ce gazouillis. Des ailes battantes d'un bleu éclatant attira son attention. Aussitôt le volatile plongea vers le sol pour rejoindre le haut du crane de la lancière. Perché, l'oiseau ne semblait plus vouloir se taire. Pourtant, son chant n'en demeurait pas moins agréable. Jaagd ressentait toute la familiarité qui lui était possible de sentir pour la simple et bonne raison qu'elle avait déjà entendu cette ballade à maintes reprises. En effet, le geai bleu qui l'accompagnait lors de ses plus grands voyage usait de ce pouvoir qui était le sien pour apaiser le cœur de la bélua qui était bien souvent en proie aux maux. D'un geste lent, elle tendit la main vers celui-ci qui ne tarda guère à venir y prendre place. Puis, la jeune femme ramena sa main face à son visage, plantant ainsi ses mirettes dans celles de l'animal. Elle n'eut hélas guère plus de temps pour le contempler que celui-ci vint à nouveau se percher au sommet de son crâne, donnant de petits coups de bec sur le haut de son masque. Du bout du doigt, Jaagd incita Ipiky à descendre sur son épaule puis se tourna à nouveau vers Lilith. « Eff est-elle venue avec toi ? Je pense que Cynah serait heureuse de la revoir. » finit-elle par demander.
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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Lun 19 Déc - 16:22
Soucis familiaux



Les afflictions de la guerre précédente avaient entrainé quelques séquelles au régiment satanique. Entre misère et étiolement, ils avaient fourvoyé l’étendard de leurs glorioles. Ces criminels qui étaient autrefois redoutés à travers le monde en raison de leurs inexorables cruautés étaient à ce jour voilés par le panache des sorciers. En tant que nouveau Roi de cette race biologiquement belliciste et insoumise, le régent n’avait toujours pas puisé la prospérité entre ses mains habiles. Il n’avait pas encore eu l’occasion de les porter vers le sommet. Cela allait changer. Maintenant qu’il disposait d’une meilleure force de frappe et que ses alliés commençaient à naître au sein de tous les continents, il devait mettre en place le reste de ses préparatifs. Mais avant ça, il devait la revoir, non seulement pour sceller l’étendue de ses possibilités, mais aussi pour développer sa relation. D’une frappe dans ses mains, significatives de son emblématique élégance, un messager se dégagea de l'ombre, au pied des escaliers qui conduisaient au trône royal. Ses yeux violacés furent l’unique attribut qui permettait de l'assimiler à cette troupe. L’homme engagea ses phalanges à l’intérieur de sa crinière délicate, brossant son crâne d’une longue mèche qui fut diffuse au milieu de son front. « Fais passer le message suivant à tous les Elementals maniant l’électricité que tu pourras trouver dans le domaine. Interceptez le Libertad et escortez Lilith Arkendar jusqu’à moi. Faites ça le plus pacifiquement possible. Cette pêche ne doit jamais se répandre au-delà de l’enfer. Est-ce que j’ai été assez clair ? » « Entendu maître. C’est comme si c’était fait. » « Les épieurs ont déjà localisé son navire. Bien entendu, inutile de préciser que je ne tolérerais aucun échec. » La tension de ses ordres était tangible dans l’atmosphère. Cette préhension n’était pas un caprice de sa part, si bien qu’il était capable de transpercer le cœur de chaque individu qui avorterait à la tâche.

Lorsque le messager quitta la pièce, la silhouette du divin orateur s’estompa pour trouver repos à l’endroit qui siégeait au mieux pour ces retrouvailles. Elles n’auraient rien d’émouvant, car ce qu’il prévoyait se différenciait de toute cérémonie affable d’un accueil des plus égayants. Oui, il invitait cette personne pour qui sa curiosité fluctuait énormément, mais jamais plus il ne remettrait ce masque mimétique qui camouflait sa vraie nature. Il avait accepté son destin depuis fort longtemps. Il était une bête. Une bête pour qui compassion et empathie ne menaient à plus aucun profit. S’il se tenait sur la plus haute tour en brandissant son pouvoir sacré, c’est aussi parce qu’il avait réussi à jouer la comédie depuis si longtemps. À présent, il devait montrer aux autres ce qu’était sa pure individualité. Lilith avait la joie ou la peine de faire partie des rares personnes en qui il relevait une certaine reconnaissance. Il imposait de la confronter à cette seconde joute dans un but éducatif et ainsi voir si elle était capable de suivre un scénario plus exigeant. Pour cela, le prince des ténèbres s’était placé à cet endroit symbolique : la pierre des damnés. Une vieille légende entourait ce site où plusieurs faciès étaient ancrés. Des personnes de chair et de sang ou éteintes ? Peut-être un peu des deux. Quoi qu’il en soit, il constituait le principal repère de Sa Majesté. Autrefois, alors que la patience n’était pas son fort, il était aujourd’hui capable de rester des heures, voir des jours au même point sans remuer le moindre muscle. Statique comme une statue, sa méditation heurta le temps par une accélération des plus probantes. Quelques instants plus tard, l’un de ses subalternes le raviva de sa stase pour lui annoncer la présence de la jeune femme. Ce dernier s’envola dans une fournée de fumée noire pour laisser place à un autre à la carrure plus étroite. À ses bras reposait la rouquine, toujours aussi resplendissante que par le passé. En guise de bienvenue, sa volonté de prestation artistique lui imposa de faire naître une rangée de flammes azur en un couloir qui le menait jusqu’à lui.

Cette petite touche n’était pas sans rappeler l’incandescence de ses cheveux pour le brasier et la couleur bleue pour son terrain de prédilection. Il se tourna ensuite pour lui faire part d’un magnifique sourire. « Tu dois sûrement te demander pourquoi je t’ai fait venir aussi précipitamment, Lilith. On va dire que tu me manquais déjà. Les femmes présentes en ce lieu m’ennuient. Elles n’ont aucune ambition… c’est d’une profonde tristesse. » Il soupira puis tendit son bras pour prendre la relève vis-à-vis de son pion. Il se rapprocha du rempart de pierre afin de lui présenter cet ornement qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion de voir lors du précédent séjour. « C’est une magnifique fresque, tu ne trouves pas ? Elle répond à divers sens littéraires, rappelant le contrôle de l’homme sur cette terre. Comme tu peux le constater, ces sept représentations d’individus sont en mauvaises postures. Ils symbolisent la mort dans toutes ses formes. Un chef d'oeuvre. Elle conviendrait à merveille au-dessus de la cheminée des ombres. » Il fit volte-face, déposant sa paume sur le bras de la pirate. « Allons-y. » À peine le contact eut lieu que les deux corps fusionnèrent à partir d’un vortex pour disparaître complètement du territoire des Démons. La seconde qui suivit, le décor qui apparut sous leurs yeux changea drastiquement de relief. Ils se trouvaient à présent dans une grande forêt. « Non. Je ne t’ai pas fait venir pour jouer à cache-cache ou encore dépecer ton corps ici après en avoir abusé. Un homme a fait appel à mes services pour… hm. C’est mieux si tu l’apprends de ses propres mots. Allons lui rendre visite. Il habite au bout du sentier, dans une cabane isolée. » Prendre une Orisha avec lui pour accomplir une mission qu’il était certainement capable de résoudre dans les plus brefs délais n’avait aucun sens. Tout viendrait à point à qui saurait attendre. Lors de ce petit cheminement indispensable, Zane trouvait judicieux de l’assaillir par de nombreuses questions, allant de la plus commune à la plus invraisemblable comme : « Comment vas-tu ? » « Quel poids faisait le plus gros poisson que tu as attrapé ? » « Tu aimes les papillons ? » Heureusement, avant l’ascension d’interpellations plus tordues encore, la chaumière se présenta à eux. Heurtant la porte à deux reprises, Zane lui fit signe de passer la première dès lors qu’on les autorisa à franchir le seuil. L’intérieur ne pouvait pas être plus sobre qu’en l’état. Un homme et une femme frappés par la vieillesse étaient là, à la foi en colère et démunis. Avec son index, le Démon exerça une pression dans les côtes de Lilith pour qu’elle fasse le premier pas. « Expliquez à mon amie la situation. Elle se fera une joie de vous écouter. » Impassible, il attendait les premières réactions avec ferveur.
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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Lun 19 Déc - 16:32
Meurtre en pleine mer

Telle qu'escomptée, la réplique surgit, s'endiguant dans la cuve des caustiques et condescendantes dénominations qu'on affublait aux indigents de ma race. Si ladite pique aurait assurément pu m'affecter en d'autres circonstances, il n'en fut rien dans le cadre présent. Tout tueur de rats que j'étais, je m'humectais dans une bassine gorgée d'un confort au-deçà de ma condition. Je disposais, à juste titre, d'un mets de choix pour le prix de raisonnables concessions : nombreux envieraient ma posture et mes bénéfices subséquents. De ce fait, j'entraperçus une brèche exploitable à mon profit dans les railleries de Lilith. Le jeu du langage et des appellations m'accordait de complaisantes faveurs. Fort de mon esquive et de l'inertie initiée par ses propos, j'achevai le mouvement d'écart par une nonchalante pirouette afin d'apposer ma main sur le mur de la cabine, à proximité du faciès de l'Orisha. Soutenue par un sourire carnassier, ma réponse fut susurrée sur le registre des voluptueuses taquineries. « Conditionné par d'aussi envoûtants atours, me blâmera-t-on pour la traque d'une proie d'excellence ? Ta sagacité te préconiserait-elle de faire usage de circonspection face à un prédateur de mon rang ? Ainsi le suggérerait la taxinomie que tu emploies. »

Cet intermède fugace flirtant avec la flagornerie incarna l'unique réjouissance au sein de notre enquête. Les conjonctures qui s'ensuivirent se dérogèrent à la clémence et au sybaritisme. Les âcres relents de sueur et de crasse accablèrent mes sens, tant et si bien qu'une bouffée d'air frais demeura insuffisante pour éponger le centième de l'affliction nasale qui m'opprimait. Se répercutant sur ses pairs, l'odorat contamina l'équilibre avant de souiller ma bienséance intestinale. Les prémices d'insipides reflux gastriques m'acculèrent à la rambarde. Me cramponnant à cette dernière, je luttai, au gré de la marée, pour m'opposer au joug valétudinaire des tourmenteux remous biliaires. Assailli par une kyrielle de haut-le-cœurs, mon supplice ne s'atténua que progressivement, rythmé par d'acariâtres hoquets. Mon attentisme et ma passivité s'en retrouvèrent d'autant plus irritants : l'exercice de mon impuissance démultiplia mon exacerbation. Inapte à apaiser mon collapsus autrement qu'à travers une patience imposée, je pestai intérieurement contre l'élaboration de cette « ingénieuse » combine. Si elle m'observait, nul doute que Lilith s'esclafferait. Par Ezechyel… j'ignorais qu'il eût été possible de mariner dans de telles senteurs nauséabondes au quotidien sans en trépasser. De toute évidence, ces flibustiers avaient perdu, depuis des décennies, toute sensibilité olfactive.

Lorsque je parvins malaisément à reprendre contenance, je retournai vers l'antre de la putréfaction à contrecœur. Constatant l'absence de la pirate, je questionnai ses rogues matelots pour la retrouver. Leur amabilité n'eut d'égal que leur intellect ; seul Tsakiel daigna m'informer de son retour en cabine. Harassé par mes contusions ventrales et nasales, je me traînai en direction du lieu désigné pour découvrir une mise en scène incongrue. Si j'avais eu vent, au cours de mon séjour à Avalon, d'exotiques pratiques concupiscentes qui pouvaient s'apparenter à la configuration ainsi illustrée, toute forme de fétichisme pour la verdure outrepassait les sphères de mon entendement. Mon arrivée parut cependant parachever ces us saugrenus. Le scélérat que j'avais identifié croupissait sur la table, en proie à la douleur, tandis que Lilith dénota ma présence. « Aurais-je coupé court à d'intimes réjouissances ? Je vous en prie, poursuivez nonobstant ma présence. », avançai-je quelque peu dubitatif. Pour cause : je n'étais point certain de désirer témoigner de telles ésotériques expédients. Mais qu'importait, somme toute ? La fin justifiait les moyens. Si un tel procédé fournissait les clefs capables d'élucider l'affaire, pourquoi s'y soustraire ? Peut-être venaient-ils d'achever le numéro rocambolesque. Peut-être même que Lilith avait triomphé et soutiré d'alléchantes informations. Je décidai de m'en enquérir. « A-t-il confessé quelque aveu ? » L'immonde mutation pigmentaire retenait sensiblement mon attention. Cette teinture verdâtre m'inspirait une horripilante répugnance ! « J'ignorais qu'il était possible de rendre quelqu'un littéralement vert de peur… S'agit-il d'une spécificité Orisha ? », rajoutai-je en croisant les bras.

Je m'approchai de l'individu lanciné par l'expérience qu'il venait de subir. Selon toute vraisemblance, il s'était désempli de ses ressources pour que la capitaine relâchât l'usage des chaînes. Cette assertion se révéla cependant présomptueuse. Lorsque je me retrouvai à sa portée, le mécréant bondit avec l'énergie du désespoir pour m'asséner un coup de coude en plein plexus. Le bougre visa juste ; tel était mon point faible présentement – je trébuchai. Expectorant avec peine et douleur, je me relevai, titubant. Ma plaie s'était ravivée tandis que le maraudeur s'évadait ! « Peste... » Mon état me prémunissait théoriquement de toute course-poursuite. Les enjeux s'avéraient toutefois démesurément cruciaux pour que je cédasse à la fébrilité. Laborieusement, je m'agrippai à mon torse afin d'entamer une lamentable course. La soirée avait fait vœu de tourments à l'encontre de mon corps.
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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Lun 19 Déc - 16:33
Dix petits invités












Mes pérégrinations sur le continent dévasté n'eurent de cesse qu'à l'enterrement de l'aube voilée par le linceul de la vindicte. L'incessant et incommensurable crépuscule de la mort planait, nacrant la voûte céleste d'une pluie d'orages et de sang elle-même portée par l'ombre du talion. Ne dissiperaient ces obscurs nuages que le triomphe du ravage et de la vengeance – l'exécution punitive d'Alexander et ses sbires, insaisissables et crapuleux fugitifs. Ratisser le périmètre de son repaire de fortune supposé n'aboutissait qu'à de vains et périlleux déboires : l'hostilité ubiquiste pullulait jusqu'aux confins de l'antre des damnés. Toute expédition dans cette colonie scabreuse de la souillure ne relevait plus de l'inconscience ; seule une hargneuse et implacable volonté justifiait une descente dans ce berceau pestilentiel. Son potentiel pernicieux dissuadait le fat, le sot, l'insouciant et le miséreux pour peu qu'ils osassent y pénétrer. L'immondice y régnait par absolutisme ; les cadavres fleurissaient, teintaient la « végétation » de leur chair nécrosée. On humait l'infamie, on pressentait le vice, on baignait dans le trouble, et on pataugeait dans la fange funeste des funérailles anticipées.

Il était impensable que, d'aventure, je retournasse dans ces landes méphitiques sans précaution préalable. Une localisation hasardeuse de ma cible figurait dans le registre de l'inadmissible. Je déléguais, pour qui osait accepter, les affres du pistage dans ce sanctuaire de la désolation. Si de hardiesse, l'intrépidité se monnayait, la destination affichait un onéreux tarif, entravant une quelconque aisance d'accès audit service. Saupoudrée d'un zeste de prudence dans laquelle marinait la sauce des négoces avec les forbans de la côte septentrionale de ce continent, la recette destinée à me servir Alexander sur un plateau d'argent nécessitait la maestria d'un virtuose. Sur recommandation de connaisseurs du milieu, je m'étais adressé à Navara, un informateur à la loquacité régie par l’appât du gain. D'entreprise ardue il était question : ses nouvelles se faisaient languir. De consternation, mon impatience ne put que s'appesantir, jusqu'à ce que je reçusse une missive.

En l'absence de Kiyuri, je m'étonnai qu'on parvînt à me joindre avec exactitude. Elle régissait ma correspondance et me surprenait avec ses capacités d'intendance. Était-elle parvenue, avec une justesse d'estimation, à localiser ma présence céans, dans les faubourgs de Sceptellinôst ? La belle affaire que voici : je m'empressai de m'enquérir du contenu. Point d'erreur, elle m'était adressée. De vraisemblance, je n'escomptais point une épître en provenance de cette Orisha ; encore moins qu'elle m'invitât à la rencontrer, par le plus grand des hasards, en ces lieux. Je donnai tout naturellement suite à l'invitation. Quelques jours plus tard, je regagnai l'Aigre Sel, point de rendez-vous enjoint par Lilith. Notre dernière entrevue datait ; je n'avais guère revu la pirate depuis l'acheminement qu'elle m'avait assuré jusqu'à cette même cité. Nos échanges de bons procédés m'avaient valu une traversée mouvementée. Mon hôte s'était montrée garante de mon intégrité et ma sécurité, occultant controverses et animosités déversées sur son navire. Suite ses préconisations, j'étais entré en contact avec ledit informateur réprouvé. Je m'acquittais à présent d'une dette indésirée, au demeurant toutefois incontestable. Tel devait être l'objet de nos retrouvailles.

J'arpentai avec circonspection les ruelles – réflexe acquis par ma mésaventure de bienvenue – lorsqu'on me héla peu avant que je ne pénétrasse dans la taverne. Nonobstant l'effort de discrétion employé pour me fondre à la masse – plutôt pour ne point déteindre de cette dernière avec mon singulier apparat – mon interlocuteur, un jeune homme, fit abstraction de mon accoutrement sommaire pour me livrer… une seconde missive. Gageant qu'il s'agissait de précisions qu'adjoignait Lilith relatives au rendez-vous, je me hâtai d'en prendre connaissance. La lecture de l'écrit ainsi soumis écarta cette hypothèse, me soutirant une expression dubitative. Celui-ci promouvait, en effet, une invitation en petit comité, à destination de l'antre de la dame. Un bâtiment avait même été affrété par l'émetteur mystère du billet, si je me fiais à ses dires. Point de signature. Je relevai la tête pour interpeller le courtier, potentiellement le questionner sur la remise de l'enveloppe. Contre toute attente, il s'était éclipsé sans que je ne m'en rendisse compte. Consterné, je repliai la missive pour la ranger dans une poche intérieure. Subséquemment, je regagnai mon cheminement. Ce curieux intermède bénéficierait de mon attention en temps et en heure ; je ne souhaitais guère manifester un retard excessivement prononcé.

**

Lilith m'attendait, partageant la compagnie d'un truisme localement ordinaire. A en juger par la contenance, ou plutôt la vacuité du récipient, l'impatience avait rongé sa tolérance. Suspectant une plausible forme d'ébriété avancée, j'entamai une première approche, visant à jauger sa lucidité tout comme la teneur de sa loquacité. « Voilà une bien sordide entrée en matière. Te languissais-tu à ce point de ma compagnie pour qu'une telle soif s'imposât ? » En maître mot que constituait la taquinerie au cœur dans nos échanges, celle-ci ouata d'emblée le corps de la conversation. Toute espièglerie introduite en préambule n'endigua point un minimum de bienséance, à laquelle un individu de ma condition se prêtait irréductiblement. « Tu me vois navré pour ce retard. Une curieuse correspondance m'a été livrée alors que je faisais route. » Je m'installai, ôtant ma cape par souci de confort, puis entrai dans le vif du sujet. « Que me vaut ce service que tu souhaites quérir ? »
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Lilith Arkendar
Prince de Sirgarak
Mar 20 Déc - 14:21

Meurtre en pleine mer


L’analyse du corps en présence du vampire s’était révélée d’une redoutable efficacité. Bien plus que ce que la Capitaine avait escompté. Sa satisfaction ne fut pourtant rien à côté de celle que la rouquine ressentait face à l’aveu de son comparse. Son précieux lapin n’appréciait définitivement pas ce doux surnom et, victoire inespérée, il se résignait enfin à l’admettre ouvertement. L’égo incommensurable de l’aristocrate avait ployé face à tant de ridicule. Cette liesse la poussa à, pour une fois, délaisser l’usage magique de ses charmes alors que ses pas la conduisirent vers lui afin de l’embrasser dans le cou. Or, contre toute attente, son invité esquissa son geste d’affection d’un simple pas de côté, ce qui la courrouça bien plus que les mots qu’il prononça. Une vague crispation de la mâchoire aurait pu traduire sa contrariété, avant que la pirate n’abuse une nouvelle fois du contrôle de ses sens, laissant ses traits impassibles face à cette honteuse provocation. D’un mouvement d’épaules, Lilith reprit donc sur son ton habituel, quoiqu’un peu plus acerbe, conservant cette fois une distance raisonnable avec lui, peu décidée à le faire bénéficier de ses grâces si vite.

- Est-ce réellement étonnant que ce soit le premier animal qui te vienne en tête lorsque beaucoup des tiens ne sont que décrit que comme tueur de rat ? En me qualifiant ainsi, tentes-tu de m’adresser un message avec une subtilité digne d’un diplomate, mon grand ?

Peu d’humeur à perdurer leurs éternels échanges, la Capitaine préféra rapidement rechercher les hommes sur lesquels le doute s’était instauré afin de laisser le fin limier à l’œuvre. La nature de la pression que le noble comptait exercer serait sans doute des plus instructives. Haussant un sourcil lorsque Reddas formula ses premières paroles, la rouquine n’en demeura pas moins circonspecte. Si elle-même n’avait pas su l’objectif même fixé en pénétrant dans cette étroite cabine, elle aurait accusé les vapeurs sanguinaires du cadavre d’avoir accentué la volubilité verbale du vampire, chose qu’elle n’aurait pas cru possible avant cette petite mise en scène. Chaque terme, chaque sujet n’était que prétexte à un mot qui ne pouvait avoir de sens que parce qu’il était prononcé par l’aristocrate. Bien qu’ayant toutes les peines du monde à suivre une traitre de phrase de celui qui devait être son allié à l’instant présent, à nouveau, rien d’autre que son sourire espiègle ne put se lire sur son faciès. A la question de l’un de ses hommes, pour lequel à l’instant présent la Capitaine ressentit une vive empathie, Lilith mima simplement la surprise.

- De quel charabia parles-tu ? Les consignes sont claires. Les questions aussi. J’attends une réponse tout aussi limpide.

Le ton impérieux, la pirate désigna d’un signe de main Reddas et invita le flibustier à se plier à l’exercice. Le petit interlude ne sembla nullement déranger le loquace vampire. Quelque peu désespérés, les forbans se plièrent à l’exercice avec une désolation non dissimulée. Ce ne fut qu’après encore quelques babillages inintelligibles que l’aristocrate se manifesta auprès de la rouquine. Rapidement, Lilith évacua ses hommes de la cabine et laissa le temps au vampire d’énoncer ses conclusions, tranchantes comme un couperet. Fidèle à ce qu’il avait annoncé, Reddas avait identifié le coupable sans l’once d’une hésitation. Sans même avoir eu le temps de le féliciter pour son œuvre, la Capitaine fut contrainte de le laisser partir s’aérer quelque peu les poumons. Laissée seule, la pirate tapota des doigts un instant sur le mur, réfléchissant à ce qu’elle pourrait faire. Karl.. C’était donc ce gars le responsable. Discret la plupart du temps… Il avait toujours fait parti de l’équipage. S’il s’affirmait, rien ne lui aurait permis de le soupçonner. Agacée, la rouquine sortit sur le pont à son tour, négligemment, et passa à côté de l’homme désigné. Passant la main sur son épaule, elle l’invita alors chaleureusement dans sa cabine.

- Je t’en prie, prends place, Karl.

Un sourire charmeur sur les lèvres, la Capitaine se déhancha jusqu’à atteindre le fauteuil de son bureau, s’installant confortablement. L’homme parut hésiter un court instant avant de s’exécuter, encouragé par les gestes de sa supérieure.

- J’ai particulièrement aimé ta franchise. Reprit Lilith. D’aucun aurait pu penser que je m’acoquinais avec un félon qui ne voyait que dans le Libertad qu’un réservoir pour se nourrir. Et qu’il serait malvenu de l’accuser dans la mesure où je me promène à son bras. L’idée de me contrarier aurait pu alors les réduire au silence. Toi non. Tu as eu le courage de tes opinions. J’aime les hommes de caractère.

Son doigt passait négligemment sur le bord d’une coupelle cristalline au sein de laquelle se trouvait une multitude de confiseries avant de la pousser vers Karl pour qu’il se serve. Légèrement étonné, le matelot marqua un temps d’arrêt, mais finit par en prendre un premier puis un deuxième. La bouche pleine, le marin rétorqua à son tour.

- Ce ne peut être que lui. Il n’y a pas d’autres créatures de ce type sur le Libertad.

Acquiesçant d’un signe de tête, la Capitaine accentua son sourire.  

- Certes… Certes… Pourtant c’était trompeur. On aurait pu jurer qu’il s’agissait également d’un complot contre lui. Mais… Pourquoi quelqu’un aurait-il cherché à lui nuire particulièrement ?

Débouchant une bouteille de rhum déjà bien entamée, Lilith se servit un verre avant de la glisser sur le bureau, laissant une nouvelle fois Karl se sentir à l’aise, tandis que la rouquine porta l’alcool sirupeux à ses lèvres. Désormais bien plus en confiance, sentiment accentué volontairement par la jeune femme, il acquiesça une nouvelle fois.

- Justement personne. C’est bien pour ça que ce ne pouvait être que lui.

Sans quitter son sourire charmeur, Lilith se redressa et quitta son fauteuil, contournant le bureau de sa démarche chaloupée, avant de s’y appuyer, s’interposant entre le mobilier et la chaise de son marin. Sa magie aidant, son charme naturel s’en trouvait décupler. Ainsi, lorsque la main de l’orisha s’enroula dans les cheveux de ce dernier, il parut se détendre.

- Je te le répète, j’aime ta sincérité, tu sais, Karl. Susurrât-elle. Et nous sommes bien dans une relation de franchise… N’est-ce pas ?

Troublé par les sentiments contradictoires volontairement inspiré par l’orisha, le marin ne quittait pas la jeune Capitaine des yeux. A tel point qu’il ne constata pas que sa peau prenait une étrange teinte verdâtre.

- Oui oui… Bien évidemment, Capitaine…

Un sourire sadique se dessina sur les traits de la rouquine.

- Je vois…

Lentement, elle se pencha pour laisser un peu entrevoir son décolleté, puis tourna lascivement autour de sa cible pour se placer derrière lui et se pencha de façon à laisser sa poitrine entrer en contact avec le corps de son interlocuteur en murmurant quelques mots à l’oreille de son subordonné.

- En revanche, tu veux que je te dise ce qui m’insupporte le plus… ?

D’un coup, ses chaines apparurent pour s’enrouler fermement autour de sa nuque tandis que le genou de la Capitaine se logea directement sur l’une des vertèbres du matelot, lequel hurla tant de surprise que de douleur, alors que la position employée présentait l’heureux avantage de ne pas recourir à une force démesurée.

- Le mensonge.
- Qu’est-ce que.. finit il par articuler d’une voix étranglée.

Si la souffrance le pousser à lâcher de puissants râles, la vue de ces mains d’une couleur si anormale l’affola.

- Qu’est-ce que tu.. Qu’est ce que tu m’as fait ?

Pressant sur sa cuisse un peu plus jusqu’à entendre un nouveau cri avant de le lâcher, sans pour autant que la chaîne ne se délie.  

- La friandise contenait une drogue puissante. Sans être une potion de vérité, il est déconseillé de mentir une fois l’inhalation. Sous peine de surprises très désagréables… La première commence par la couleur de peau… Mais on va continuer à jouer… Ce sera amusant de constater jusqu’où tu peux tenir…

A part la couleur de peau, le bonbon ne possédait aucun autre effet secondaire, toutefois, l’idée que le flibustier ait l’esprit embrumé par la peur ou le doute satisfaisait l’orisha. Ahuri, Karl secoua la tête, n’était pas en mesure de remettre en cause la parole de sa chef, tant ses sens devenaient altérés.

- Mais je n’ai pas…

Un rire moqueur s’échappa des lèvres de la pirate alors qu’elle mit un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence.

- Shhhh… Tu es certain de vouloir dès à présent gaspiller un essai ?

Un lent signe de tête négatif de sa victime apeurée combla la rouquine qui retrouva alors son fauteuil, se calant au fond de celui-ci et croisant les jambes.

- Nous disons donc…  Ainsi, tu crois que le vampire est le meurtrier ..
- Ou… enfin non… Je me trompe sans doute…
- Sans doute ?
- Laisse-moi partir, je ne veux plus parler…

Le silence serait la dernière solution possible pour éviter à Karl de subir un nouveau contrecoup. Les railleries de sa supérieure ne se firent pas attendre.  

- Mais bien sûr, chaton… Tu veux aussi que je te serve un verre de lait, et que je t’ouvre la porte pour que tu puisses te dégourdir les jambes ?

La chaîne se resserra d’un coup sur la nuque de son interlocuteur pour le rappeler à l’ordre.

- Comparé à ce que tu as inhalé, je te jure que je peux te faire subir des supplices bien pire encore…
- Et comparé à ce que je risque si je parle, je suis certain que ce n’est rien.

Un sourire empreint d’une douce folie apparut sur les lèvres de la rouquine.

- Ah oui ? On parie ? Je sens que je vais adorer ce jeu.

Son regard se planta alors dans celui du matelot. Karl se retrouva le souffle coupé, les bras maintenus par les chaines, prêts à l’écarteler à lui en faire craquer les articulations. Peu à peu, par un stratagème incompréhensible, sa peau commença à être pelée, comme s’il n’était qu’un vulgaire légume dont on élimine le surplus. Les muscles mis à vif sur l’entièreté de son corps était à l’origine d’une souffrance qui aurait pu le faire s’évanouir. Privé de peau, ses organes internes semblèrent ne plus pouvoir rester à leur place condamnant définitivement le traître.
D’un coup, tout cessa, laissant quelques secondes de répit à Karl qui n’était que maintenu par les chaines de l’orisha. Si la peur n’avait pas dominé le flibustier, il y aurait sans doute décelé mille imperfections… Mais la fragilité mentale de l’homme avait pris le dessus, et toujours obnubilé par sa propre mort, à genoux sur le sol. Apeuré, le regard vide, il n’osait plus croiser le regard de sa supérieure. Lilith pencha alors la tête, son sourire narquois sur les lèvres.  

- Alors ? Tu veux continuer à jouer ?
- Je… Nan c’était pas lui… C’est moi… C’est moi qui l’ai tué… J’ai juste fabriqué cette mâchoire…

Dans ses mains un morceau de métal commença à se matérialiser pour prendre la forme de l arme… Le goût métallique… Un élémental de métal… C’était limpide à présent..

- Pourquoi tu as fait ça ?

Affolé, la peur aveugla une nouvelle fois son regard.

- Me fais rien.. S’il te plait…

Agacée par la vacuité de sa réponse, la Capitaine ferma le poing sèchement, ce qui eut pour effet de tendre la chaine et de pendre l’individu qui se débattait. Son ton devint plus ferme.

- Pourquoi ?
- Rain… Rain voulait créer une nouvelle discorde. Ce gars, c’est ton protégé..

Protégé ? Blasée, Lilith fit un signe négatif de tête… Sans doute l’interprétation hasardeuse des hommes à l’intellect douteux qui ne se fiait qu’au temps passé par le vampire dans sa cabine. Karl continua néanmoins.

- S’il était coupable et que tu le défendais… Les hommes.. ne te …

Effrayé à ce qu’il disait, il s’interrompit de lui-même.

- Non mais… non,… je suis désolé… Je ne voulais pas… Rain m a juste payé…

Une vermine corruptible… Parfait. Quelle perte de temps… La mâchoire serrée, Lilith dut se retenir de ne pas exterminer immédiatement le renégat. Paradoxalement, ce fut l’arrivée de Reddas qui le sauva.

- Eh bien mon ami, nous pouvons dire que tu sais tomber à point nommé.


©gotheim pour epicode


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